Le stress : Conséquences sur la santé

(actualisé le ) par Johan Pustoch

Les mécanismes physiologiques mis en jeu pour faire face à une situation de stress peuvent être néfastes pour l’organisme, dans certaines conditions.

Dans une situation stressante intense et prolongée, la sécrétion des hormones activatrices (catécholamines et glucocorticoïdes) est dérégulée. La personne, submergée par ces hormones, activera de façon importante différents systèmes de l’organisme ; cette hyper-activation entraînera en quelques semaines l’apparition de symptômes divers :
Symptômes physiques
Douleurs (coliques, maux de tête, douleurs musculaires, articulaires, etc.), troubles du sommeil, de l’appétit et de la digestion, sensations d’essoufflement ou d’oppression, sueurs inhabituelles, etc.

Symptômes émotionnels
Sensibilité et nervosité accrues, crises de larmes ou de nerfs, angoisse, excitation, tristesse, sensation de mal-être, etc.

Symptômes intellectuels
Perturbation de la concentration nécessaire à la tâche entraînant des erreurs et des oublis, difficultés à prendre des initiatives ou des décisions, etc.

Symptômes comportementaux
Modification des conduites alimentaires, comportements violents et agressifs, isolement social (repli sur soi, difficultés à coopérer), etc.

Ces symptômes ont des rercussions gênantes qui amènent les personnes à recourir à des produits calmants ou excitants (café, tabac, alcool, somnifères, anxiolytiques, etc.)

Si la situation stressante se prolonge dans le temps et/ou si elle est très intense, l’organisme s’épuise. Les différents symptômes s’aggravent et/ou se prolongent entraînant des altérations de la santé qui peuvent devenir irréversibles.

L’état de stress devient alors permanent et peut se traduire par un "syndrome métabolique", association de différents symptômes tels que l’obésité abdominale, la résistance à l’insuline (qui peut évoluer vers un diabète), l’hypertension artérielle, des perturbations du métabolisme des lipides. Ces perturbations métaboliques sont, en outre, des facteurs de risque pour le système cardiovasculaire.

Les relations entre certains facteurs professionnels de stress et le risque d’accident cardio-vasculaire ont été très largement étudiées : on a ainsi pu démontrer un risque accru de maladies coronariennes et même de décès par maladies cardio-vasculaires chez des personnes exerçant une activité professionnelle sans grande marge de manœuvre (faible "contrôle" au sens du modèle de Karasek). D’autres études ont montré que l’association d’une forte demande psychologique et d’un faible contrôle était liée à un risque de mortalité cardio-vasculaire. Ces études épidémiologiques présentent un grand intérêt car elles sont longitudinales et permettent de suivre un grand nombre de personnes ("cohortes") pendant plusieurs années. On peut par là même mesurer les facteurs de stress au travail en amont des maladies, et les autres facteurs de risque des maladies étudiées (tabagisme par exemple pour les maladies cardio-vasculaires) sont mieux pris en compte.

La dépression et l’anxiété ont été largement explorées dans des situations de stress au travail. Des études ont mis en évidence qu’une forte demande psychologique au travail, associée à une faible latitude décisionnelle et à un faible soutien social au travail (manque d’aide ou de soutien de part des collègues ou des supérieurs), étaient prédictifs de dépression, autant chez les hommes que chez les femmes. Les problèmes d’anxiété sont également plus fréquemment retrouvés en cas de situations stressantes prolongées.

Les troubles musculo-squelettiques du membre supérieur sont de plus en plus souvent rapportés à une combinaison de risques : sollicitations biomécaniques au travail (résultant de mouvements répétitifs), mais aussi manque de soutien social ou insatisfaction dans le travail.

La diminution de la résistance aux infections ou l’apparition de maladies immuno-allergiques telles que l’asthme, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux et la colite ulcérative ont également été rapportés à des situations stressantes prolongées. Toutefois les mécanismes en jeu ne sont pas clairement identifiés.

D’autres pathologies ont fait l’objet de travaux mais les résultats ne permettent pas de conclusions définitives. Il s’agit de l’ulcère gastro-duodénal, des colites fonctionnelles, du cancer, des désordres hormonaux (de la thyroïde ou des sécrétions androgènes ou oestrogènes) ou de certaines pathologies de la grossesse (prématurité, infertilité).